Le haut potentiel est défini à l’aide de tests d’intelligence passés chez un psychologue (scolaire ou en libéral). Pour que l’enfant ou l’adulte soit à haut potentiel, il faut que le QI soit supérieur à 130. En fonction de la passation et de l’entretien clinique, le psychologue détermine le haut potentiel. La limite de 130 est souple néanmoins, car le QI est donné dans un intervalle de confiance. Tout dépend de la passation, de l’anamnèse, de l’histoire de la personne, de la scolarité si c’est un enfant ou un adolescent, des résultats des indices et des subtests. Le psychologue ne se base pas uniquement sur le QI Total, il a appris à analyser les tests, s’il n’est un psychologue psychanalyste. On peut être à haut potentiel et avoir un QI de 128 ou 129. Certains auteurs placent même la barre à 125.

« L’intelligence est la capacité d’un individu à initier des actions dirigées vers un but, à penser de manière réaliste et à interagir efficacement avec son environnement »
David Wechsler, 1944

Les tests de Wechsler sont les plus utilisés. Ces tests sont régulièrement mis à jour.

W.P.P.S.I. III (2004)  – Wechsler Preschool ans Primary Scale of Intelligence (1967-1972) teste l’intelligence des enfants d’âge pré-scolaire (dès 2 ans 6 mois à 7 ans 3 mois).

 WPPSI-IV  le test actuel comporte 3 échelles, il s’agit de la quatrième version, mise à jour.

W.I.S.C.IV (2005)– Wechsler Intelligence Scale for Children (1949-1958) teste l’intelligence des enfants d’âge scolaire (de 6 ans à 16 ans et 9 mois): W.I.S.C.-R (1982), W.I.S.C. III (1991) et W.I.S.C. IV (2005).

W.I.S.C.V (2016)– Wechsler Intelligence Scale for Children

ECPA indique : Dernière version de l’Echelle de Wechsler intègre les nouvelles données issues de la recherche en neurosciences afin d’explorer les différents processus impliqués dans l’apprentissage.

Le WISC-V est composé de 15 subtests.
-12 sont issus du WISC-IV : pour ces épreuves, les items, les consignes d’administration et de cotation ont été revus.
-3 nouveaux subtests ont été développés.

Pour ceux qui veulent passer les tests, il ne faut pas trop se renseigner sur les détails, car cela fausse les tests.

Pour les adultes :

W.A.I.S IV. – Wechsler Adult Intelligence Scale dernière version 2011

Le QIT est  calculé à partir de quatre Indices :

Indice de Compréhension Verbale (ICV)

Indice de Raisonnement Perceptif (IRP)

Indice de Mémoire de Travail (IMT)

Indice de Vitesse de Traitement (IVT)

 

Le Quotient Intellectuel Total (QIT) n’est pas la simple moyenne des notes obtenues à chaque indice. Les indices peuvent être relativement homogènes, mais l’homogénéité n’est pas la règle. Dans certains cas, surtout lors de troubles d’apprentissage, les tests de QI peuvent présenter une grande hétérogénéité. Dans ce cas le QI total a une signification réductrice. Le psychologue doit vérifier si le QI est valide et interprétable (vérifier la dispersion des notes standard)
la dispersion des indices et leur homogénéité sont analysées, c’est l’analyse intra individuelle.
Si un indice s’écarte de la moyenne des indices , cela constitue un point fort ou faible. C’est l’un des intérêts (et non des moindres ) de passer ce test. L’hétérogénéité des indices peut expliquer des difficultés, des problèmes DYS, qui peuvent être contournées lorsqu’on les connaît en remédiation cognitive.
Le QI est toujours donné dans un intervalle de confiance.

C’est l’analyse inter individuelle qui est à la base de la notion de QI.
On prend en compte également les observations cliniques au cours de la passation.

Il faut savoir que le QI n’est pas la mesure de l’intelligence, car on ne peut la mesurer parfaitement. Mais il peut apporter une aide dans bien des cas.  Passer des tests sans entretiens, sans compte-rendu, dans de mauvaises conditions ou sur le net n’a aucun intérêt.

« le mot mesure n’est pas pris ici au sens mathématique : il n’indique pas le nombre de fois qu’une quantité est contenue dans une autre. L’idée de mesure se ramène pour nous à celle de classement hiérarchique » (Binet en 1911 page 135).

 

Concernant le RE -passage des tests de QI, c’est-à dire , quel est le délai minimal entre deux passages de tests ? Cela peut se produire si par exemple, on pense que l’enfant ou l’adulte n’a pas « réussi » les tests, ou n’était pas dans de bonnes conditions optimales pour le passer, ou tout simplement l’enfant a grandi, et qu’il y a besoin d’un autre test pour sa scolarité.

Selon J. Grégoire, il faut au moins un an d’intervalle entre deux passages du même test d’intelligence.

« Canivez et Watkins (1998) ont montré qu’un intervalle d’un an est un minimum pour que s’efface l’effet positif de la pratique du test et que les nouveaux résultats puissent être considérés comme valides.  »  Jacques Grégoire p  266  L’examen clinique de l’intelligence de l’enfant . Mardaga .2009.

LES TROUBLES DYS

« Les problèmes  DYS , qui entrainent forcément des troubles de l’apprentissage ne sont pas plus fréquents dans la population à haut potentiel.»

Les surdoués ordinaires  Nicolas Gauvrit  2014 PUF

Franck Ramus, membre du Conseil scientifique de l’association, fait le même constat.

« Enfin il est souvent évoqué l’idée d’une association entre la dyslexie et certains talents particuliers (artistique, mathématiques, ou autres), ou la précocité intellectuelle. De toute évidence, la dyslexie n’est en rien incompatible avec des talents exceptionnels et/ou un QI très élevé, cela a été observé dans de nombreux cas. Néanmoins aucune donnée solide ne permet d’affirmer que ce soit le cas plus fréquemment dans la dyslexie que dans le reste de la population. »

 Extrait du  Chapitre 8 de J. Ecalle, A. Magnan et F. Ramus intitulé « Apprentissage de la lecture et ses troubles » du Manuel de psychologie du développement, Editions PUF.

Cette vidéo de Nicolas Gauvrit, membre du Conseil scientifique de l’association, explique ce qu’est le haut potentiel et la notion de tests, ainsi que les nuances indispensables à connaître, pour comprendre la notion de test et la notion de Science (homogénéité/hétérogénéité du QI).

Léonard Vanetzel, membre du Conseil scientifique de l’association, explique sur le blog Planete douance pourquoi il est impératif de connaître les données scientifiques sur le sujet :

La précocité intellectuelle : Un handicap bien français ?

Gabriel Wahl, membre du Conseil scientifique de l’association, était invité sur France 5 le 2 octobre 2017